Deux sous-sols très différents
Autour de Djelfa, sur les Hauts Plateaux, les études hydrogéologiques décrivent un synclinal dont la nappe supérieure, dans les dépôts du Mio-Plio-Quaternaire, est donnée pour une épaisseur moyenne de quelques centaines de mètres et constitue celle que sollicitent le plus les puits et forages d’eau potable et d’irrigation à travers la steppe. En dessous se trouvent des formations gréseuses et calcaires plus anciennes, de l’Albien et du Barrémien, aquifères elles aussi, atteintes par des forages plus profonds. Niveaux d’eau et débits varient le long du synclinal, et la nappe superficielle dépend de la pluie qui tombe sur les reliefs voisins.
Autour de Ghardaïa, dans le nord du Sahara, le tableau est celui de tout le bassin saharien : le Continental Intercalaire, vaste aquifère gréseux d’âge albo-barrémien, surmonté du Complexe Terminal. Les forages dans le Continental Intercalaire y sont profonds, dans certains cas au-delà de mille mètres, et sont équipés de colonnes de tubage cimentées successives et de crépines ; l’eau remonte chaude en raison de la profondeur. Des puits moins profonds dans le fond de la vallée et dans le Complexe Terminal couvrent beaucoup de besoins locaux, mais avec une qualité plus variable.
La leçon pratique est que le même mot, puits, recouvre aussi bien un puits de nappe phréatique de quelques dizaines de mètres qu’un forage artésien profond, et que les données hydrogéologiques locales, lorsqu’elles sont disponibles auprès des services de l’hydraulique ou dans les études des forages voisins, sont le point de départ de tout projet.
Rotary ou marteau fond de trou
Deux méthodes de forage couvrent la plupart des puits d’eau. Le forage rotary à la boue fait tourner un outil au bout de tiges creuses pendant qu’un fluide de forage est pompé dans les tiges et remonte par l’espace annulaire, en emportant les déblais et en soutenant le trou ; il convient aux formations tendres et non consolidées et permet de grands diamètres. Le forage au marteau fond de trou (MFT) utilise l’air comprimé pour animer un piston qui frappe le taillant au fond du trou ; il est rapide dans les roches dures telles que calcaires et grès, et remonte les déblais avec l’air. Beaucoup d’ateliers font les deux, et un puits peut être commencé avec l’une et terminé avec l’autre au fil des formations. Le choix se fait d’après la géologie attendue, la profondeur et le diamètre visés, et l’eau disponible pour la boue.
Du trou de forage au puits en service
La séquence habituelle ; chaque étape est dimensionnée selon la nappe et l’usage prévu.
Implantation et conception
Examen des forages existants, de la géologie et du dossier d’autorisation ; choix de la profondeur cible, des diamètres et de la méthode.
Forage
Forage rotary ou MFT en un ou plusieurs diamètres, avec un relevé des formations et des venues d’eau.
Tubage et crépine
Une colonne de tubage protège le trou et une crépine est placée en face de la zone aquifère ; un massif filtrant de gravier autour de la crépine retient le sable fin.
Cimentation
L’espace annulaire au-dessus de la crépine est scellé pour tenir à l’écart les eaux de surface et les couches indésirables, et la tête de puits est protégée.
Développement
Soufflage à l’air lift, pistonnage ou pompage éliminent le fluide de forage et les fines jusqu’à ce que l’eau sorte claire.
Essai de pompage
Un essai par paliers ou à débit constant mesure le débit et le rabattement, ce qui fixe la taille de la pompe et le débit exploitable durablement.
Équipement
Pompe, colonne montante, câble, tête de puits et raccordement au stockage ; la qualité de l’eau est analysée avant utilisation.
La procédure d’autorisation en bref
Forer un puits d’eau en Algérie nécessite une autorisation d’utilisation des ressources en eau. Depuis la réforme de 2021, les demandes sont instruites par un guichet unique qui réunit l’Agence nationale des ressources hydrauliques (ANRH), l’Agence nationale de gestion intégrée des ressources en eau (AGIRE) et des représentants des secteurs de l’environnement, de l’agriculture et de l’irrigation ; le dossier est ensuite transmis à la wilaya, et l’autorisation est accordée par arrêté du wali. La réglementation fixe un objectif d’un mois pour l’instruction d’un dossier complet. Les travaux doivent en général être réalisés dans les dix-huit mois suivant la notification, délai que la réglementation permet de proroger pour motif justifié.
Le dossier décrit typiquement le demandeur, le terrain, l’usage et les volumes prévus, et les caractéristiques du puits projeté. Le conseil pratique est simple : déposer tôt, garder l’autorisation sur le site, et faire forer par une entreprise qui consigne profondeurs, formations et résultats d’essais pour le rapport final.
À quoi s’attendre d’un puits dans chaque région
Tendances générales rapportées par les études régionales ; un site précis peut différer.
| Aspect | Hauts Plateaux (synclinal de Djelfa) | Nord du Sahara (région de Ghardaïa) |
|---|---|---|
| Nappes principales | Mio-Plio-Quaternaire ; grès de l’Albien et du Barrémien en dessous | Complexe Terminal ; Continental Intercalaire en profondeur |
| Profondeurs typiques | De quelques dizaines à quelques centaines de mètres | De quelques dizaines à plusieurs centaines de mètres ; plus de mille pour la nappe profonde |
| Formations | Alluvions, argiles, grès, calcaires | Sables, grès, calcaires, argiles |
| Eau | Généralement plus fraîche, qualité variable selon la couche | Chaude en profondeur ; minéralisation variable |
| Méthode | Rotary en terrain tendre, MFT dans la roche | Rotary à la boue pour les puits profonds ; MFT possible dans les couches dures |
| Recharge | Pluie sur les reliefs voisins | Très lente ; pour l’essentiel une ressource stockée |
Qualité et température de l’eau
L’eau de la nappe saharienne profonde est souvent chaude et peut porter une charge minérale qui appelle un refroidissement ou un traitement avant certains usages ; l’eau des nappes superficielles peut être affectée par ce qui se passe en surface. Pour un chantier, cela compte pour le béton, où sulfates et chlorures sont limités par la spécification, et pour la base vie, où l’eau de boisson doit être analysée. Une analyse en laboratoire après le développement, avant la pose de la pompe, est la pratique courante.
Questions fréquentes
Une autorisation est-elle nécessaire pour forer un puits d’eau en Algérie ?
Oui. Un puits d’eau en Algérie nécessite une autorisation d’utilisation des ressources en eau, accordée par arrêté du wali après instruction du dossier par le guichet unique créé en 2021, qui associe les agences ANRH et AGIRE, avec un objectif d’un mois pour l’instruction d’une demande complète.
Quelle est la profondeur des puits d’eau autour de Djelfa et de Ghardaïa ?
Elle varie fortement selon la nappe visée : les puits dans les nappes superficielles peuvent aller de quelques dizaines à quelques centaines de mètres, tandis que les forages dans le Continental Intercalaire du bassin saharien autour de Ghardaïa dépassent, selon les sources, mille mètres dans certains cas. Les données des forages voisins et l’usage prévu décident de la conception.
Quelle est la différence entre le forage rotary et le marteau fond de trou ?
Le forage rotary coupe la roche avec un outil en rotation et remonte les déblais avec un fluide en circulation, ce qui convient aux formations tendres et meubles, tandis que le marteau fond de trou (MFT) casse la roche dure par percussion à l’air comprimé au fond du trou et va plus vite dans les calcaires et les grès. Beaucoup de puits combinent les deux au fil des formations.
Combien de temps faut-il pour forer un puits d’eau ?
Un puits peu profond peut être foré et équipé en quelques jours, tandis qu’un forage profond avec plusieurs colonnes de tubage prend des semaines ; la procédure d’autorisation, à lancer le plus tôt possible, est souvent la partie la plus longue du calendrier.
Un puits peut-il alimenter un chantier ?
Oui. Un puits foré sur le site ou à proximité, avec un stockage en bassin ou en cuves, est un moyen courant d’alimenter en eau le compactage, le béton et la base vie dans l’intérieur de l’Algérie, où aucun réseau n’est disponible ; l’eau est analysée avant son emploi dans le béton ou pour la boisson.
Comment ETAHG peut aider
SARL ETAHG possède un atelier de forage de puits d’eau sur camion avec ses accessoires, récemment acquis neuf, et fore des puits pour les chantiers, l’agriculture, l’industrie et les collectivités, avec son siège social à Bounoura, wilaya de Ghardaïa, et son parc matériel à Djelfa. Capacité en profondeur, méthode et calendrier se discutent pour chaque projet. Voir forage de puits d’eau pour le service et démarrage de chantier pour la place d’un puits dans le lancement d’un chantier.